Du jeu passion au jeu addiction : l’avis d’un médecin

Nicotine, alcool, drogue mais aussi jeu d’argent et de hasard, le problème de l’addiction touche de nombreuses personnes, considérées comme « dépendantes », « addicts », « accro »… Une récente étude vient d’être publiée mettant en avant un chiffre alarmant : près de 60 000 Français sont touchés par des problèmes d’addiction au jeu. En tant que guide casino français, nous nous sommes intéressés à ce mal moderne préoccupant en interviewant un professionnel de santé spécialisé dans ce type de dépendance.

200 000 Français sont classés dans la catégorie des joueurs « excessifs »

Peu nombreuses sont les études réalisées sur le territoire français se focalisant sur les jeux d’argent et l’addiction que ces derniers peuvent entraîner.

Jeux de grattage, paris sportifs, machines à sous, PMU : les Français aiment jouer et parfois un peu trop… Les chiffres de l’Observatoire Français des drogues et des toxicomanies sont, en effet, tombés : près de 600 000 personnes en France sont dépendantes au jeu, dont 200 000 considérées comme « joueurs excessifs ». Le constat est clair, les chiffres parlants, près d’un Français sur deux (47.8%) s’adonne aux jeux d’argent. Quelle est l’analyse d’un professionnel spécialisé dans la dépendance au jeu ?

Interview du médecin Abdou Belkacem, addictologue français

  • Y a-t-il une augmentation du nombre de personnes venant vous voir, quant à des problèmes de jeu ?

« Malheureusement, oui. Je reçois de plus en plus de patients qui viennent me demander de l’aide depuis quelques années. Même si cela ne représente que 10% des malades que je traite [alcool et drogue], les chiffres augmentent significativement en France. Aujourd’hui, il est d’ailleurs difficile d’évaluer correctement cette recrudescence face aux sites en ligne. »

  • Quelle est la méthode pour soigner un patient atteint d’addiction au jeu ?

« Tout dépend du diagnostic et de l’état de dépendance du joueur. Deux types de patients sont à discerner. La première catégorie englobe des joueurs légèrement touchés qui se sont rendu compte à temps de leur problème, qui n’ont pas engendré de dettes – ou d’un faible montant - et qui ont encore l’opportunité de se contrôler. De simples consultations seront alors suffisantes. Le second groupe renvoie, quant à lui, aux joueurs pathologiques qui nécessiteront une prise en charge plus lourde, parallèle à celle de la dépression. Il est également parfois nécessaire d’agir en dehors du cadre médical en mettant en place des mesures de protection judiciaire. »

  • Comment expliquer simplement l’addiction au jeu ?

« Des facteurs sociaux sont à prendre en compte. Généralement, les personnes touchées par l’addiction au jeu sont fragilisées. Un quotidien pénible, une situation difficile et donc un besoin de s’évader et d’oublier qui prend forme dans le jeu. Le gain d’un gros montant peut également être un déclic. Le fait de gagner beaucoup d’argent procure des sensations fortes pouvant créer également un état de dépendance. »

Vous pourrez retrouver plus d’informations sur ce point dans l’ouvrage Du plaisir du jeu au jeu pathologique : 100 questions pour mieux gérer la maladie, travail collectif et pédagogique, signé par le Docteur Abdou Belkacem, le Professeur Michel Reynaud et le Professeur Jean-Luc Venisse.

Vous avez encore beaucoup à apprendre sur l’addiction au jeu.

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